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Desire Bianco

Désiré Bianco né le 4 avril 1902 à Marseille 2 rue Thibault. Ce fils de Jean, journalier et de Mathilde, Françoise, Clothilde Tron, est âgé de 12 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. 


À proximité de son école, se trouve le casernement du 6e Régiment de Hussard où Désiré « voit la foule [qui] se presse sur le passage des troupes [où] défilent les fantassins […] et ses chers hussards en tenue de campagne […] » (1). Il naît alors en lui un intense sentiment patriotique et la volonté de suivre ces soldats. Par deux fois, il tente alors de rejoindre les troupes en partance pour le front en se dissimulant dans un train militaire mais il est découvert et reconduit chez ses parents. Cependant cela ne décourage en rien Désiré. Au contraire. il gagne alors le port de Toulon et s'embarque clandestinement à bord du France qui transporte le 58e Régiment d'Infanterie Coloniale (58e R.I.C) à destination des Dardanelles où se bat un corps expéditionnaire franco-britannique depuis février 1915. Découvert en mer par les marsouins du 58e R.I.C., l'enfant est adopté par le régiment dont il devient la mascotte, le pupille.


Mort au combat


Quelques jours plus tard, le 58e R.I.C débarque à Seddul-Bahr. Le 8 mai 1915, l'attaque est déclenchée. Désiré reçoit pour consigne de rester à l'abri dans une tranchée et garder le sabre que le lieutenant Asquier lui a confié. Mais Désiré, n'écoutant que son courage, accompagne l'assaut des marsouins « levant le sabre qui lui a été confié en criant : “ En avant ! À la baïonnette ! ” […] avant de tomber sous les balles ennemies au fortin dit de l' Haricot» (2).


Cité à l'ordre de l'Armée


On ne retrouva pas le corps du jeune soldat mort pour la France mais son souvenir ne sera pas oublié par ses compagnons d'armes. À leur retour en France, ces derniers souhaitent lui rendre hommage. Le 30 août 1916, il est cité à l'ordre de l'Armée : « Bianco, pupille du 58e R.I.C. : jeune enfant de 13 ans, n'écoutant que ses sentiments enthousiastes, est parvenu à se glisser  sur le transport La France avec les hommes du 58e R.I.C., embarqués sur ce bateau. Débarqué à Sedd-ul-Bahr avec ce régiment, a pris part aux dures attaques du début. A fait preuve de vaillance à l'assaut du 8 mai 1915, où il a été tué en s'élançant aux cris de "En avant ! À la baïonnette ! ”» (ordre général n°54 du 30 août 1916).Le 14 janvier 1920, le tribunal de Marseille établit un acte de décès avec la mention «Tué à l'ennemi le 8 mai 1915 dans la région du fortin de l'Haricot, Dardanelles, Turquie. »Le 12 juillet 1935, Désiré Bianco se voit décerner la médaille militaire à titre posthume (décret du président de la République).


(1) Selon Raoul Estripaut, jeune engagé de 17 ans ayant appartenu à la Légion des Milles.

 

 

 

 

 


Un monument en l'honneur de Désiré Bianco

Vingt ans après sa citation à l'ordre de l'Armée, les coloniaux font ériger à Toulon un monument à la mémoire de Désiré Bianco. Il s'agit d'un buste d'enfant portant la tunique des marsouins ornée de deux médailles. Le 17 mai 1936, il est inauguré en présence de ses parents. Situé au niveau de l'intersection du boulevard Sainte-Anne et du boulevard Colonel Albert Grant, il est l'œuvre du sculpteur Jean Guizot. Sur ce monument figure gravée sa citation à l'ordre de l'Armée. par ailleurs une rue de la cité phocéenne porte son nom.

 


La Légion des Mille

Créée en février 1935 à Paris à l'initiative de Robert Euzénat, la Légion des Mille regroupait les plus jeunes combattants, âgés entre 13 et 17 ans engagés volontaires pour défendre la France au cours de la Grande Guerre. Cette association ont la devise était : « Le devoir et plus que le devoir » avait pour but de « rassembler les plus jeunes volontaires ayant combattu dans les Armées françaises […] afin qu'ils puissent s'entraider et mettre ensemble, au service de la Nation, les généreux sentiments dont ils ont donné les preuves. » Dans ses rangs, se trouvait Désiré Bianco reconnu comme le premier d'entre eux et auquel on a attribué le matricule 1 mais également Auguste Thin – qui a eu l'honneur de choisir le Soldat inconnu à la Citadelle de Verdun –, François Siffre – co-fondateur de la Légion qui a réussi à se faire engager sur le front alors qu'il n'était pas âgé de 17 ans -, Jean-François Pérette – engagé à 17 ans, blessé au combat et qui fut  l'un des plus jeunes décorés de la Médaille militaire –, etc.Cette association a été dissoute en 2003 avec le décès du dernier de ses membres, conformément à ce que prévoyait l'article 15 de ses statuts.

 

 

 
 
 

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